07.11.2009

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent »

Il y a une richesse qui sème la mort partout où elle domine : libérez-vous-en et vous serez sauvés. Purifiez votre âme ; rendez-la pauvre pour pouvoir entendre l'appel du Sauveur qui vous redit : « Viens et suis-moi » (Mc 10,21). Il est la voie où marche celui qui a le coeur pur ; la grâce de Dieu ne se glisse pas dans une âme encombrée et déchirée par une multitude de possessions.

Celui qui regarde sa fortune, son or et son argent, ses maisons, comme des dons de Dieu, celui-là témoigne à Dieu sa reconnaissance en venant en aide aux pauvres avec ses biens. Il sait qu'il les possède plus pour ses frères que pour lui-même. Il reste maître de ses richesses au lieu d'en devenir esclave ; il ne les enferme pas en son âme pas plus qu'il n'enserre sa vie en elles, mais il poursuit sans se lasser une oeuvre toute divine. Et si un jour sa fortune vient à disparaître, il accepte sa ruine d'un coeur libre. Cet homme-là, Dieu le déclare « bienheureux » ; il l'appelle « pauvre en esprit », héritier assuré du Royaume des cieux (Mt 5,3)...

A l'opposé, il y a celui qui blottit sa richesse en son coeur, au lieu du Saint Esprit. Celui-là garde en lui ses terres, il accumule sans fin sa fortune, et ne s'inquiète que d'amasser toujours davantage. Il ne lève jamais les yeux vers le ciel ; il s'enlise dans le matériel. En fait, il n'est que poussière et il retournera à la poussière (Gn 3,19). Comment peut-il éprouver le désir du Royaume, celui qui, au lieu du coeur, porte en lui un champ ou une mine, lui que la mort surprendra inévitablement au milieu de ses désirs déréglés ? « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. » (Mt 6,21)

 

Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien

 

Le dernier paragraphe m'a fait pensé à la majorité de nos contemporains qui ne s'attachent qu'au matériel dédaignant le spirituel. En lisant ces textes anciens, je suis souvent "bluffé" par la clairvoyance et la hauteur d'esprit des gens de l'époque. En la matière, c'est sûr, ils ont de grandes leçons à nous donner. 

31.10.2009

« Qui s'abaisse sera élevé »

L'humilité n'est pas seulement de nous défier de nous-mêmes, mais aussi de nous confier en Dieu ; la défiance de nous et de nos propres forces produit la confiance en Dieu, et de cette confiance naît la générosité d'esprit. La très sainte Vierge Notre Dame nous a montré un exemple très remarquable à ce sujet lorsqu'elle prononça ces mots : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Quand elle dit qu'elle est la servante du Seigneur, elle fait un acte d'humilité le plus grand qu'il puisse jamais se faire, d'autant qu'elle oppose aux louanges que l'ange lui donne -- qu'elle sera mère de Dieu, que l'enfant qui sortira de ses entrailles sera appelé le Fils du Très-Haut, dignité plus grande que l'on eût pu jamais imaginer -- elle oppose, dis-je, à toutes ces louanges et grandeurs sa bassesse et son indignité, disant qu'elle est la servante du Seigneur. Mais notez bien que dès qu'elle a rendu le devoir à l'humilité, tout de suite elle fait une pratique de générosité très excellente, en disant : « Qu'il me soit fait selon ta parole ».

Il est vrai, voulait-elle dire, que je ne suis, en aucune façon, capable de cette grâce, eu égard à ce que je suis de moi-même, mais en tant que ce qui est bon en moi est de Dieu et que ce que tu me dis est sa très sainte volonté, je crois que cela peut
se faire et qu'il se fera ; et, sans douter aucunement, elle dit : « Qu'il me soit fait ainsi que tu le dis ».

 

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église
Entretien 5 (in Desjardins, Le Livre des quatre amours, Desclée 1964, p. 142 rev. ; français modernisé)

27.10.2009

Seine Saint Denis, l'envers du décor

Un article édifiant sur la Seine Saint Denis à lire sur le site du journal Le Monde :

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/26/seine-sa...

 

C'est vrai que cet article pose de graves questions. Voici quelques chiffres en résumé :

  • Département de 1,5 million d'habitants
  • Entre 1999 et 2006, le nombre d'étrangers y a progressé de 22,4% contre une augmentation de 3,7% de Français
  • entre 1999 et 2006, la Seine-Saint-Denis a absorbé autant d'étrangers que tous les autres départements d'Ile-de-France réunis, en dehors de Paris
  • Dans certaines villes, la proportion d'étrangers dépasse désormais les 30% : Clichy-sous-Bois (37,2 %) ou Aubervilliers (34,6 %).
  • Entre 100 000 et 300 000 immigrés clandestins
  • 1 472 agressions recensées en 2008 contre 1 137 en 2005
  • 50 000 allocataires du RSA,
  • 12% de la population qui bénéficie de la couverture médicale universelle (CMU)