28.09.2008

Sa miséricorde remplit toute la terre

Qu'on ne parle plus de ta miséricorde, Vierge bienheureuse, si quelqu'un se rappelle t'avoir invoquée dans ses difficultés sans que tu sois venue à son secours. Nous, tes petits serviteurs, nous te félicitons de tes autres vertus, mais de ta miséricorde, nous nous en félicitons nous-mêmes.

La virginité, nous la louons, l'humilité, nous l'admirons, mais la miséricorde a, pour des malheureux, une saveur plus douce.

La miséricorde, nous l'étreignons avec plus de tendresse, nous nous en souvenons plus souvent, nous l'appelons avec plus de fréquence. C'est elle, en effet, qui obtint que le monde entier fût restauré, qui arracha par ses prières le salut de tous les hommes. Il est bien évident qu'elle était en souci pour le genre humain tout entier, celle à qui il fut dit : Ne crains pas, Marie, tu as trouvé la grâce, celle précisément que tu cherchais.

Bernard de Clairvaux

27.09.2008

Ecce homo - Cardinal Joseph Ratzinger

Quand les soldats romains eurent flagellé Jésus, couronné d'épines et revêtu d'un manteau de dérision, ils l'ont ramené à Pilate. Ce militaire au coeur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l'a présenté à la foule, l'invitant à la pitié, en déclarant : « Idou ho anthropos ; Ecce homo » que nous traduisons habituellement par « Voici l'homme ! » (Jn 19,5) Mais cela veut dire plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l'homme ! » Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d'un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d'être des hommes, mais maintenant, regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c'est l'homme ! Qu'il est méprisable, qu'il est petit ! » Dans ces mots cyniques, l'évangéliste Jean a tout de même reconnu des paroles prophétiques qu'il a transmises à la chrétienté.

Oui, Pilate a raison quand il dit : « Voyez, ceci est l'homme ! » En lui, en Jésus Christ, nous pouvons lire ce qu'est l'homme, le projet de Dieu, et quel traitement nous lui réservons. En Jésus déchiré, nous pouvons voir combien l'homme peut être cruel, petit et mesquin. En lui, nous pouvons lire l'histoire de la haine de l'homme et celle du péché. Mais en lui, en son amour qui souffre pour nous, nous pouvons voir encore davantage la réponse de Dieu : Oui, ceci est l'homme, que Dieu a aimé jusqu'à la poussière, que Dieu a aimé au point de le suivre jusqu'à l'ultime souffrance de la mort. Jusque dans le dernier abaissement, il reste l'appelé de Dieu, le frère de Jésus Christ, appelé à prendre part à l'amour éternel de Dieu.

La question « Qu'est-ce que l'homme ? » trouve sa réponse dans l'imitation de Jésus Christ. En mettant nos pas dans les siens, nous pouvons apprendre jour après jour ce qu'est l'homme, dans la patience de l'amour et de la souffrance avec Jésus Christ, et devenir ainsi des hommes. Ainsi, nous voulons lever les yeux vers celui que Pilate, que l'Église nous présentent. L'homme, c'est Lui. Prions-le afin qu'il nous apprenne à devenir véritablement des hommes, à être des hommes.

Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Sermons Carême 1981, n°3 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p. 64)


 

22.09.2008

Mère Teresa : « Faites attention à la manière dont vous écoutez »


Écoute en silence. Parce que ton coeur déborde de milliers de choses, tu ne peux pas y entendre la voix de Dieu. Mais dès lors que tu te mets à l'écoute de la voix de Dieu dans ton coeur pacifié, celui-ci se remplit de Dieu. Cela requiert beaucoup de sacrifices. Si nous pensons, voulons prier, il faut nous y préparer. Sans délai. Il ne s'agit là que des premières étapes vers la prière, mais à ne pas les accomplir avec détermination, jamais nous n'atteindrons l'ultime étape, la présence de Dieu.

C'est pourquoi l'apprentissage doit être parfait dès le début : l'on se met à l'écoute de la voix de Dieu dans son coeur ; et, dans le silence du coeur, Dieu se met à parler. Puis, de la plénitude du coeur monte ce que la bouche doit dire. Là s'opère la jonction. Dans le silence du coeur, Dieu parle et tu n'as qu'à l'écouter. Puis, une fois ton coeur entré en plénitude, parce qu'il se retrouve empli de Dieu, empli d'amour, empli de compassion, empli de foi, il revient à ta bouche de se prononcer.

Souviens-toi, avant de parler, qu'il est nécessaire d'écouter et seulement alors, du tréfonds d'un coeur épanoui, peux-tu parler et Dieu t'entendre.

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 23)

 

 

20.09.2008

Le martyre de la Vierge

Le martyre de la Vierge nous est transmis tant dans la prophétie de Siméon que dans le récit de la Passion du Seigneur. « Cet enfant est là, dit de l'enfant Jésus le saint vieillard, comme un signe de contradiction, et toi-même, il parle maintenant à Marie, un glaive transpercera ton âme. » Mère bénie, il est bien vrai qu'un glaive a transpercé ton âme.

D'ailleurs ce n'était qu'en la transperçant qu'il a pu pénétrer dans la chair de ton Fils. Après que ton Jésus eût rendu l'esprit, la cruelle lance qui lui a ouvert le côté n'a évidemment pas pu atteindre son âme ; mais la tienne, elle l'a bien transpercée. Son âme en effet n'était plus là, mais la tienne ne pouvait pas s'en arracher. Ne soyez pas étonnés, frères, si on dit que Marie est martyre en son âme. Celui qui s'en étonne oublie - il l'a entendu - que Paul compte parmi les plus grands crimes des païens le manque d'affection. Ce fut loin d'en être ainsi pour le coeur de Marie. Que ce soit loin d'en être ainsi pour ses petits serviteurs.

Sermon de l'abbé saint Bernard
(dom. As., 14-15)

13.09.2008

Où sont passés mes lecteurs ?

Je viens de voir les statistiques de ce modeste blog et je constate une baisse notable des visiteurs durant ces derniers jours. Il est vrai que je me suis absenté et que je n'ai pas diffusé de note ces derniers temps. C'est peut être aussi le pâle soleil (presque) automnal qui est à l'origine de cette baisse d'affluence...Non, ça y est ! J'ai trouvé ! Bingo !

Vous êtes tous allés voir notre Saint Père en visite dans notre beau pays.

Si c'est pour cette raison, c'est sans rancune :-)

J'ai vu les vêpres hier soir sur la chaine KTO. Splendide. Le décor, les chants sacrés et la ferveur : magnifique.

Fraternellement

07.09.2008

Il y a des jours ou les patrons et les saints ne suffisent pas

A celle qui est infiniment jeune, Parce qu'aussi elle est infiniment mère.
A celle qui est infiniment droite, Parce qu'aussi elle est infiniment penchée.
A celle qui est la plus imposante. Parce qu'aussi elle est la plus maternelle.
A celle qui est infiniment éternelle. Parce qu'aussi elle est infiniment temporelle.
A celle qui est infiniment au-dessus de nous. Parce qu'elle est infiniment parmi nous.
A celle qui est la mère et la reine des anges. Parce qu'elle est aussi la mère et la reine des hommes
A celle qui est infiniment joyeuse, Parce qu'aussi elle est infiniment douloureuse.
Septante et sept fois septante douloureuse.
A celle qui est infiniment touchante, Parce qu'aussi elle est infiniment touchée.
A celle qui est toute Grandeur et toute Foi, Parce qu'aussi elle est toute Charité.
A celle qui est toute Foi et toute Charité, Parce qu'aussi elle est toute Espérance.
A celle qui est Marie. Parce qu'elle est pleine de grâce.
A celle qui est pleine de grâce. Parce qu'elle est avec nous.
A celle qui est avec nous. Parce que le Seigneur est avec elle.

Charles Péguy

 

06.09.2008

Procès repoussé pour cause de ramadan

Je pense que nombreux d'entre vous ont entendu cette information tout comme moi. A Rennes, un procès d'Assises a été repoussé pour cause de ramadan. Bien sûr, la garde des sceaux a voulu "dégonfler" le tollé qui montait et a précisé que ce procès a été ajourné pour "la bonne administration de la justice", mais chacun aura bien compris le réel motif de cet ajournement.

Nous sommes pourtant bien en France, pays qui se targue d'ête celui de la laïcité. Oui mais cette laïcité est bien souvent à sens "unique". Ce qui me navre c'est que ce type de concessions sont faites souvent au profit de l'islam et non des autres religions. Après les horaires spéciaux pour piscines, les repas scolaires, les mosquées "publiques", voilà que c'est au tour de la justice d'accepter de se laisser influencer...A qui le tour ?

02.09.2008

« Quelle est cette parole ? »


Cet instant que la Bible appelle « le commencement » nous indique Celui qui avait le pouvoir de créer l'être et de dire : « Que cela soit ! » et cela fut (Gn 1,1-3)... Cette parole « Que cela soit ! » n'a pas engendré un magma chaotique. Plus nous connaissons l'univers, plus nous trouvons en lui une rationalité dont les voies parcourues par la pensée nous émerveillent. A travers elles, nous redécouvrons cet Esprit créateur auquel nous devons également la raison. Albert Einstein a écrit que dans les lois de la nature « se manifeste une raison si supérieure que toute la rationalité de la pensée et du vouloir humains semblent, par comparaison, être un reflet absolument insignifiant ».

Nous constatons que l'infiniment grand, l'univers des étoiles, est régi par la puissance d'une Raison [Logos]. Mais nous en apprenons également toujours plus sur l'infiniment petit, sur la cellule, sur les éléments fondamentaux du vivant. Là encore, nous découvrons une rationalité qui nous étonne, de sorte qu'il nous faut dire avec saint Bonaventure : « Qui ne voit pas cela est aveugle. Qui ne l'entend pas est sourd. Et qui ne se met pas ici à prier et à louer l'Esprit créateur, est muet »...

A travers la rationalité de la création, Dieu lui-même nous regarde. La physique et la biologie, toutes les sciences en général nous ont offert un récit de la création nouveau et inouï. Ces images grandes et nouvelles nous font connaître le visage du Créateur. Elles nous rappellent, oui, qu'au commencement, et au fond de tout être, il y a l'Esprit créateur. Le monde n'est pas issu des ténèbres et de l'absurde. Il jaillit de l'intelligence, de la liberté, de la beauté qui est amour. Voir tout ceci nous donne le courage qui nous permet de vivre et nous rend capables de prendre avec confiance, sur nos épaules, l'aventure de la vie.

 

Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Sermons Carême 1981 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p.33)

Toutes les notes